😢Vanessa Langard, Gilets Jaunes : Des policiers en civil tirent au flashball, je me fais impacter, je suis à terre, le crâne Ã©claté

La faute de Macron, car, la vie de Vanessa Langard est désormais un combat au quotidien

AFP
« Gilets jaunes » : Vanessa, des « trous dans l’œil », a « l’impression de ne plus être » elle-même

« J’ai l’impression de ne plus être moi-même »: dans son appartement du Plessis-Trévise (Val-de-Marne), la « gilet jaune » Vanessa Langard ressasse les conséquences de sa nouvelle vie, « des trous dans l’oeil » et un avenir obscurci.

Pour cette fille de pompier, ce qui lui est arrivé va « Ã  l’encontre de ce qu’on (lui) a appris. Tirer sur le peuple ? Je ne comprendrais jamais ».

Vanessa Langard est venue manifester le 15 décembre à Paris, indignée par la situation de sa grand-mère, qu’elle héberge et qui est dépendante. « Il n’y a rien pour elle ». Sa petite-fille est son auxiliaire de vie, et pas « une fainéante », souligne-t-elle, pour contester le mot d’Emmanuel Macron: elle allait « commencer un deuxième travail dans les écoles ».

Elle et ses amis avaient « vu les images des week-ends précédents » : des scènes de guérilla urbaine à Paris deux semaines auparavant, près de 2.000 interpellations et des dégâts dans la capitale, à Bordeaux ou Toulouse le week-end précédent. « La priorité, c’était de faire attention », raconte-t-elle.

Au matin, sur les Champs-Elysées, il y a « une super ambiance, c’était calme ». Mais après déjeuner, elle et ses amis « tombent sur une barre de CRS » et s’éloignent. D’un coup, elle voit « des policiers en civil arriver » d’une rue perpendiculaire. « Il n’y a pas eu de menaces, pas eu de cris, pas eu de personnes qui jetaient de choses », se rappelle-t-elle. Les policiers « tirent; je me fais impacter ». Pour elle, le LBD est en cause.

Elle a porté plainte, l’IGPN l’a auditionnée.

Dans les souvenirs de celle qui devait fêter ses 35 ans quelques jours plus tard, les trous commencent au moment de cet impact : « Plein de choses se sont effacées ». Pour raconter la scène, elle montre une vidéo sur son téléphone. « Je suis à terre, le crâne éclaté, on voit l’os ».

« Ma meilleure amie a entendu +pouh ! pouh!+ Elle a tourné la tête, elle m’a vu par terre, elle m’a cru morte ». Sa mère lui dira aussi qu’elle a cru qu’on allait « l’enterrer ».

– « Solidarité » –

A l’hôpital, elle subit deux interventions: d’abord, pour son hémorragie crânienne. Ensuite, trois plaques de métal au-dessus de l’œil.

La jeune femme blonde, pétillante et dynamique sur d’anciennes photos, s’assombrit : « J’ai l’impression de ne plus être moi-même. Je prenais soin de moi-même, j’adorais me faire jolie, je ne peux plus me maquiller. »

Extérieurement, son visage ne présente qu’une grosse cicatrice au-dessus de l’œil gauche, toujours présent. Mais celui-ci ne fonctionne pratiquement plus: « acuité visuelle limitée à 1/20ème », commente un certificat médical consulté par l’AFP.

« Je me posais des questions: quel futur ? Vais-je pouvoir travailler ? Je suis décoratrice sur verre ». Car sa vie, résume-t-elle, est « désormais un combat au quotidien », avec « un an de rééducation » au programme, « des pertes de mémoires importantes » et des « connexions qui ne se font plus ». « L’handicap de mon handicap », a-t-elle fini par remarquer, « c’est qu’il ne se voit pas. Les gens ne vont pas comprendre que je sois KO ».

Deux rais de lumière l’animent toutefois encore : « témoigner », car « Ã§a fait dix ans qu’en banlieue, on se fait tirer dessus au +flash-ball+. Ça fait longtemps qu’on aurait dû le dénoncer », dit celle qui n’avait jusque-là manifesté que contre Jean-Marie Le Pen, comme lycéenne.

Surtout, Vanessa Langard apprécie la « solidarité » entre blessés graves, avec qui « on arrive plus facilement à fonctionner », et celle, plus large, entre « gilets jaunes », qui lui ont envoyé des « centaines et milliers de messages »: « Ã‡a m’aide à relever la tête ».

Sur sa veste noire, elle porte encore un pin’s en forme de gilet jaune, alors que celui du jour où sa vie a basculé, ensanglanté, a été jeté. « C’est un homme qui a décidé de faire des pin’s en forme de gilets jaunes et qui reverse le produit de la vente à ceux qui ont été gravement blessés. J’ai reçu une +box+ pour un massage spa. Ça m’a fait si plaisir ».

afp.com

Dossier complet : factuel.afp.com

Publicités
Cet article a été publié dans Amnesty, Conseil de sécurité, Crimes, Dictature, Droits de l'Homme, Europe, France, International, Justice, Liberté d'expression, Manifestations, ONU, Police, Politique, Scandale, UE, UN, UNSC. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour 😢Vanessa Langard, Gilets Jaunes : Des policiers en civil tirent au flashball, je me fais impacter, je suis à terre, le crâne Ã©claté

  1. Ping : 😢Vanessa Langard, Gilets Jaunes : Des policiers en civil tirent au flashball, je me fais impacter, je suis à terre, le crâne éclaté | Yandexfr – DE LA GRANDE VADROUILLE A LA LONGUE MARGE

  2. Ping : Russie-Angola : Le président Poutine rencontre le président Lourenço | Yandexfr – DE LA GRANDE VADROUILLE A LA LONGUE MARGE

  3. Ping : Les blessés GJ… | l'heure de se réveiller !!!!

  4. Ping : My Homepage

  5. Ping : Syrie : Les avions russes envahissent Idlib et Alep | Yandexfr – DE LA GRANDE VADROUILLE A LA LONGUE MARGE

  6. Ping : Témoignages de la réalité en manif et des blessés !!! | l'heure de se réveiller !!!!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.