Affaire Darmanin : des nouvelles de la déontologie dans les médias

Sophie Spatz était auparavant « call-girl », est condamnée en 2004 pour chantage, appels malveillants et menace de crime

LES CRISES

Puise que nous parlons de journalisme aujourd’hui, j’ai souhaité partager cet article de Florence Rault. Non pas tant sur la partie “féminisme”, mais surtout du point de vue de la déontologie des médias

Ce qui me semble intéressant c’est la façon dont les journalistes se basant sur leurs sacro-saints faits (“Une femme a porté plainte”), ont jeté le ministre en pâture, sans s’interroger sur la fragilité du témoignage unique – contrairement à d’autres cas où la multiplicité des témoignages peut justifier un certain bruit médiatique…

Drôle d’époque…


Trois questions sur les accusations de viol qui pèsent sur le ministre Gérald Darmanin

France infos

Le parquet de Paris a rouvert une enquête sur des accusations de viol visant Gérald Darmanin, a appris franceinfo de sources concordantes, samedi 27 janvier. Selon une enquête du Monde, le ministre de l’Action et des Comptes publics est accusé par une femme, Sophie Spatz, de l’avoir violée en 2009, alors qu’il était à l’époque chargé de mission à l’UMP. L’affaire avait été portée une première fois devant la justice en juin 2017, peu après son entrée au gouvernement, avant d’être classée sans suite un mois plus tard. Une nouvelle plainte de Sophie Spatz, 46 ans, a mené à la réouverture automatique de l’enquête, lundi 22 janvier. Franceinfo répond à trois questions sur cette affaire.

Quelles sont les accusations qui pèsent contre Gérald Darmanin ?

Sophie Spatz, ancienne call-girl née Olga Patterson, est condamnée en 2004 à 10 mois de prison avec sursis et 15 000 euros de dommages et intérêts pour chantage, appels malveillants et menace de crime. Quatre ans plus tôt, elle a harcelé son compagnon, selon elle pour récupérer de l’argent qu’il lui aurait volé, rapporte Le Monde. La jeune femme est obnubilée par cette condamnation. Elle contacte le ministère de la Justice et divers responsables politiques dans le but de faire rouvrir le dossier.

En mars 2009, Sophie Spatz, alors mariée à un ingénieur dans la finance, est sympathisante de l’UMP. Elle contacte le parti pour évoquer son affaire, et obtient un rendez-vous avec le chargé de mission au sein du service des affaires juridiques, un certain Gérald Darmanin, alors inconnu du grand public. “Le gars lui a dit tout ce qu’elle avait envie d’entendre : Oui, vous êtes innocente. Il y a un problème au ministère de la Justice. On va pouvoir faire quelque chose’”, relate son mari, Pierre Spatz, au Monde. Gérald Darmanin promet même d’envoyer une lettre au ministère de la Justice pour appuyer la demande de révision du dossier de Sophie Spatz.

Puis Gérald Darmanin l’invite à dîner. Elle assure au Monde qu’elle a proposé de le rencontrer plutôt pour un café ou un déjeuner, avant d’accepter sa proposition pour obtenir la fameuse missive. Selon son récit, Sophie Spatz retrouve Gérald Darmanin le 17 mars 2009 au restaurant Chez Françoise, la cantine des politiques située juste à côté de l’Assemblée nationale. La date est confirmée par un relevé de comptes qu’elle a demandé à sa banque. “[Gérald Darmanin] me dit qu’il va faire le maximum. Je suis aux anges. A un moment, il s’approche de moi, il met sa main sur la mienne : ‘Il va falloir m’aider vous aussi’, affirme-t-elle au Monde. Je ne suis pas une gamine, j’ai compris tout de suite.”

Le jeune membre de l’UMP lui demande de l’accompagner dans un club libertin, Les Chandelles, “car il ne peut pas y entrer seul”. Se sentant prise “en otage”, Sophie Spatz le suit. Rien ne se produit au club, mais la jeune femme l’accompagne ensuite dans un hôtel situé à proximité. Selon sa plainte, elle ne se souvient pas de la décoration du lieu, mais envoie Gérald Darmanin acheter du gel douche et du dentifrice, avant de s’enfermer un long moment dans la salle de bain, pour “repousser le moment fatidique au maximum”. “Hélas, constatant que l’acte était toujours ‘au programme’, (…) malgré tous ces détours, elle avait dû finir par s’y plier”, affirme son avocate dans le document. Sophie Spatz rentre chez elle au matin. Son mari la retrouve “assise par terre, dos au miroir, prostrée”.

La jeune femme et Gérald Darmanin échangent encore des SMS, entre 2009 et 2012. Dans l’un des messages, Sophie Spatz écrit : “Quand on sait l’effort qu’il m’a fallu pour baiser avec toi ! Pour t’occuper de mon dossier.” L’homme, dont le numéro correspond selon Le Monde à celui du ministre, répond : “Tu as raison je suis sans doute un sale con. Comment me faire pardonner ?” Dans une lettre datée du 3 novembre 2009, Gérald Darmanin demande à la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, de “faire étudier sérieusement le dossier” de Sophie Spatz. Il lui fait parvenir une copie du courier par mail, quelques semaines plus tard. Cela ne suffit pas à apaiser la jeune femme, qui dénonce les “pratiques”de l’élu dans une lettre à Jean-François Copé, fin novembre. Le groupe UMP “l’invite à intenter une action en justice”, et l’affaire s’arrête là.

Qu’est-il ressorti de la première enquête, ouverte en 2017 ?

En apprenant la nomination de Gérald Darmanin au gouvernement, en mai 2017, Sophie Spatz devient “hystérique”, selon ses termes rapportés par Le Monde. Elle décide de tout tenter pour “obtenir la démission” du ministre, allant jusqu’à se rendre à l’Elysée dans l’espoir de “se faire embarquer pour tout raconter”. Pierre Spatz envoie alors une lettre au garde des Sceaux, François Bayrou, accusant Gérald Darmanin d’avoir abusé de sa femme.

Le ministre de la Justice transmet le courrier au procureur et une plainte est déposée en juin. Comme pour toute suspicion d’agression sexuelle ou de viol, le parquet ouvre automatiquement une enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire. Sophie Spatz refuse toutefois de se présenter au commissariat pour être entendue, malgré des convocations répétées. “Elle ne voulait pas y aller toute seule et elle subissait une intimidation de la part de son entourage”, indique à franceinfo son avocate actuelle, Elodie Tuaillon-Hibon. L’affaire est donc classée pour “absence totale d’infraction”, en juillet 2017.

Pourquoi le parquet rouvre-t-il l’enquête ?

Sophie Spatz change d’avocat en 2017. Sur les conseils de la militante féministe Caroline De Haas, elle prend contact avec une avocate spécialiste du harcèlement et des agressions sexuelles, Me Elodie Tuaillon-Hibon. “J’ai examiné précautionneusement le dossier avant de l’inciter à redéposer plainte [mi-janvier 2018] et à recueillir de nouveaux éléments”, relate l’avocate à franceinfo. Cela mène à la réouverture automatique de l’enquête préliminaire. Sophie Spatz se rend cette fois au commissariat, accompagnée de son conseil. “Ce n’est pas un moment simple, il y a de la honte et de la culpabilité”, explique Elodie Tuaillon-Hibon à franceinfo. La plaignante est entendue seule par les enquêteurs, durant plus de huit heures, jeudi 25 janvier, indique Le Monde.

Elodie Tuaillon-Hibon a ajouté à la plainte des copies d’échanges de SMS entre sa cliente et Gérald Darmanin. L’avocate s’appuie sur la notion de consentement, et estime que les faits sont susceptibles d’être qualifiés de viol “par surprise”. Dans les colonnes du Monde, elle affirme que Sophie Spatz “aurait manifesté clairement et sans ambiguïté, même si c’était de manière courtoise et avec tact, qu’elle ne souhaitait pas se plier aux sollicitations sexuelles de monsieur”.

Les avocats de Gérald Darmanin déclarent au quotidien que “cette dénonciation s’inscrit dans une chronologie qui démontre une grossière intention de nuire”“Comme il l’a lui-même indiqué publiquement sur l’antenne de franceinfo, [le ministre] a déposé plainte il y a huit mois en dénonciationcalomnieuse”, assurent Mathias Chichportich et Pierre-Olivier Sur. Les investigations de la police judiciaire devront déterminer s’il y a bien eu une relation sexuelle et si elle était consentie ou non. Au terme de l’enquête, le parquet décidera d’entamer des poursuites ou de classer l’affaire, si l’infraction n’est pas établie ou si les faits sont prescrits.


Caroline de Haas : La violence du néo-féminisme, par Florence Rault

Vu du droit, Florence Rault

Gérald Darmanin dans la seringue

Le néo-féminisme poursuit son entreprise de destruction des libertés publiques. Dernière victime en date Gérald Darmanin, ministre du budget, qui fait l’objet d’accusations de viol et se trouve de ce fait poursuivi par la clameur réclamant sa mort politique. La lecture des articles publiés par la presse mainstream à savoir, le journal le Monde et le site de France TV info, fait se dresser les cheveux sur la tête. Concernant les faits, on s’en tiendra au contenu de ces articles, dont on invite à la lecture. Pour mesurer aussi à quel niveau de bassesse voyeuriste certains médias, qui se revendiquent pourtant de référence, sont parvenus.

Une certaine Sophie Spatz aurait déposé contre Gérald Darmanin une plainte pour viol, et celle-ci ferait actuellement l’objet d’une enquête préliminaire.

Si l’on comprend bien Madame Spatz était auparavant « call-girl », ce qui veut dire en bon français qu’elle se livrait à la prostitution. Ce n’est pas un métier déshonorant loin de là, mais nécessite comme qualité première, de n’avoir pas froid aux yeux et rend difficile la prétention d’être une ingénue et une oie blanche. Cette personne est également dotée d’un casier judiciaire orné d’une condamnation correctionnelle pour « harcèlement et chantage », ce qui jette sur son attitude d’aujourd’hui, qu’on le veuille ou non une singulière lumière. Sophie Spatz prétend donc, qu’il y a neuf ans (!) elle aurait contacté Gérald Darmanin, alors âgé de 26 ans afin qu’il intervienne dans son intérêt « pour son dossier pénal ». À ce stade, on ne voit pas très bien quelle aurait pu être l’intervention de ce militant politique pour une affaire qui a donné lieu à une décision définitive ayant autorité de la chose jugée. Et concernant la mention au casier judiciaire, il existe des procédures qui relèvent toutes de la compétence des juridictions du siège, auxquelles Gérald Darmanin n’a jamais de près ou de loin appartenu. On croira difficilement que Madame Spatz ne l’ait pas su. Inutile de s’appesantir sur une chronologie des faits dont la simple lecture montre le caractère approximatif, et surtout peu crédible. Et qui éclaire curieusement les interventions de l’époux de Sophie Spatz, dont le rôle dans la vindicte dont le ministre du budget est l’objet est quand même singulièrement déplaisant.

Il semble que ce soit lui, si l’on en croit la presse qui soit à l’origine de la saisie de la justice au moment de la nomination de Darmanin au budget. Réveil probablement motivé par le fait qu’un carton sur un ministre est plus intéressant que sur le maire de Valenciennes. Une enquête préliminaire avait été ouverte, et il se trouve que Sophie Spatz a refusé de se rendre aux convocations des enquêteurs pour s’expliquer sur ses griefs. Cette attitude invraisemblable a évidemment empêché la procédure de se poursuivre, et le dossier a été classé sans suite. On imagine bien sûr l’argument qui va être avancé à posteriori par les néo-féministes : l’appréhension d’avoir à subir « les interrogatoires des policiers sexistes ». Lui non plus n’a aucune crédibilité.

Quand Caroline de Haas entre dans la danse

L’affaire aurait pu en rester là, mais et c’est à ce moment que les choses deviennent un peu terrifiantes et suscitent une réelle inquiétude pour le respect des libertés publiques dans notre pays. Toujours selon la presse, Caroline de Haas, une des grandes prêtresses du néo-féminisme agressif a pris l’affaire en main, convaincu le mari qu’un acte sexuel consenti, pouvait être neuf ans plus tard qualifié de viol, à condition d’invoquer la « surprise ». Voilà ce que rapporte le Monde de leur échange : «« Est-ce que, dans l’esprit de Sophie, c’est un viol ? », demande Caroline De Haas au mari. « Non, répond-il, il ne lui a pas arraché ses vêtements. » Caroline De Haas lui explique alors la notion de consentement. « Et là, j’ai compris », relate Pierre Spatz. »

Nous ne savons pas si en réalité Gérald Darmanin et Sophie Spatz ont eu une relation sexuelle. Mais Madame Spatz, neuf ans après, prétendrait que c’est le cas, et qu’elle en a été toute surprise. Il appartiendra désormais aux enquêteurs et aux magistrats saisis d’en apprécier la crédibilité…

Mais en attendant, c’est nous qui sommes très surpris, d’apprendre le rôle Madame Caroline de Haas, solidement installée à la manœuvre. La presse nous a récemment appris que ses engagements féministes, étaient directement articulés au profit financier qu’elle pouvait en tirer, puisqu’elle en a fait un métier. Pourquoi pas, utiliser des convictions pour battre monnaie n’est pas interdit, et elle n’est pas la seule, mais outre le caractère déplaisant, il est quand même préoccupant qu’elle ajoute à ces activités lucratives le coaching d’éventuelles plaignantes. Et qu’elle les fasse prendre en main par des « avocates amies », dans un but, dont on peut craindre qu’il ne soit pas de faire advenir la vérité judiciaire, mais de permettre un lynchage médiatico–politique. Dont il est clair désormais que Gérald Darmanin, aussi présumé innocent soit-il, aura un mal de chien à se sortir. Car, le lobby néo-féministe possède de nombreux relais comme on avait pu le voir à propos de l’imposture Jacqueline Sauvage.Qui a transformé, contre l’évidence des faits et par une succession de mensonges, une meurtrière en icône de la lutte contre les violences faites aux femmes. Cette fois-ci, la meute est lancée et réclame à grands cris la démission du ministre, c’est-à-dire sa mort politique et sociale. Ses adversaires politiques, ravis de l’aubaine, soit vont se précipiter pour hurler avec les loups, soit dans le meilleur des cas, rester cois. C’est tellement confortable de faire de la politique par flics et juges interposés plutôt que de mener le combat des idées. Calcul déplorable de la part de ceux qui ne veulent pas comprendre qu’ils seront les prochaines victimes de ce qui mérite le nom de violences.

La tentation de l’arbitraire

Engagée dans la défense des victimes de ce type d’accusations, comment ne m’inquiéterais-je pas de l’installation de ce climat irrespirable ? Où à tout appel au calme et à la mesure, répond l’insulte et l’injonction au silence ? Où ceux qui devraient être particulièrement attentifs au respect des libertés, magistrats et institutions publiques sont soumis à des pressions auxquelles il leur devient de plus en plus difficile de résister. N’est-ce pas la Garde des Sceaux qui semble prête, entre autres mesures liberticides, à accepter d’un cœur léger la disparition de la prescription en matière pénale ? N’est-ce pas le « défenseur des droits » Jacques Toubon qui propose très officiellement de mettre fin à un principe bi-millénaire, celui de la charge de la preuve pesant sur l’accusation ? Les magistrats juges du siège, tiennent tant bien que mal pour l’instant. On ne peut malheureusement pas en dire autant des parquets. Quant aux politiques…

Pour faire face à l’intimidation, George Orwell disait en forme de provocation : « Il faut toujours hurler avec les loups, voilà ce que je pense. C’est la seule façon d’être en sécurité ».

Pour éviter que s’installe l’arbitraire, il faut donc choisir l’insécurité.


Chasse à l’homme chez le Nouvel obs :

Le Nouvel Obs, Baptiste Legrand

Bayrou et Ferrand ont démissionné, mais pas Darmanin. Deux poids, deux mesures ?


les-crises.fr

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