Natalia Poklonskaïa: il faut que Kiev se fasse à l’idée que la Crimée est étrangère

Les habitants de la Crimée ont utilisé leur droit à l’autodétermination, qui est fixé dans la charte de l’Onu. Donc il n’est pas correct de parler d’annexion – Natalia Poklonskaïa

À l’occasion du 3e anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie, Natalia Poklonskaïa, députée de la Douma d’État et ex-procureur accorde une interview à Sputnik au sujet des hommes politiques de Kiev et révèle combien de temps la péninsule pourra endurer des sanctions.

La Crimée commémore le 3e anniversaire de son adhésion à la Russie par un référendum qui a marqué une nouvelle étape dans l’histoire et le développement de la péninsule.

Interrogée par Sputnik, Natalia Poklonskaïa, députée de la Douma d’État (chambre basse du parlement russe) et ex-procureur général de la République autonome de Crimée, dévoile les causes de ce référendum, parle des relations compliquées de la péninsule avec les autorités ukrainiennes et des sanctions imposées par Kiev.

« Tout cela est dû au délire et à l’arbitraire de Kiev. Devenus témoins du renversement du pouvoir et d’un coup d’État armé, les Criméens n’ont pas hésité à prendre la défense de leur terre. Tout le monde savait que les nationalistes ukrainiens voudraient salir par leurs slogans nazis et leur idéologie notre patrie, et nous ne pouvions pas les laisser faire », explique Mme Poklonskaïa.

Pour la députée, la Crimée se développe bien dans tous les secteurs: économique, politique, juridique et social.

« On voit ce développement même de visu car les nouveaux vignobles ont été plantés, les autoroutes sont en reconstruction. Il y a des chantiers considérables comme, par exemple, le pont du détroit de Kertch ou l’aéroport. Le progrès est évident », ajoute-t-elle.

D’ailleurs, pour Mme Poklonskaïa, la question de la légitimité de la Crimée en tant que territoire russe ne se pose même pas car la péninsule a adhéré à la Russie par un référendum tout à fait légal sans aucune révolution ou coup d’État.

« Les habitants de la Crimée ont utilisé leur droit à l’autodétermination, qui est fixé dans la charte de l’Onu. Donc il n’est pas correct de parler d’annexion », fustige l’ex-procureur.

Elle ironise en commentant l’idée de rendre la péninsule en location ou bien d’organiser un nouveau référendum et estime que les députés qui le proposent « feraient mieux de changer de profession car ces hommes d’affaires ne peuvent gérer que leurs territoires tandis que la Crimée est russe et les autres pays, y compris l’Ukraine, n’ont aucun pouvoir sur elle ».

De toute façon, Mme Poklonskaïa est certaine que le résultat d’un tel référendum serait le même car les Criméens se sont enfin sentis protégés par l’État et « chez eux ».

Par ailleurs, en évoquant la question des sanctions, la députée estime qu’elles jouent aussi, d’une certaine manière, un rôle positif car elles « obligent les fonctionnaires à travailler dur et sans relâche pour développer la péninsule et la rendre plus attractive ».

Elle reste cependant pessimiste sur la durée du conflit diplomatique avec les autorités de Kiev, qui n’acceptent pas l’autonomie de la Crimée.

« Malheureusement, la position de Kiev ne dépend pas du temps mais de la conscience et de l’intelligence de ses dirigeants qui se sont retrouvés au pouvoir en contournant la loi. Nous ignorons combien de temps il faudra pour que les gens sensés, capables de respecter le choix des Criméens, fassent leur entrée au gouvernement », explique-t-elle en remarquant également que pour arriver à cela il faudrait déjà engager la responsabilité de tous ceux qui ont participé de près ou de loin au coup d’État en Ukraine.

Néanmoins, Mme Poklonskaïa affirme que les autorités de la République autonome de Crimée sont prêtes à dialoguer ouvertement avec l’Ukraine afin de restaurer des relations diplomatiques basées sur le respect mutuel.

« Je suis sûre que le jour viendra où la situation en Ukraine se stabilisera et où des gens arriveront au pouvoir par voie légitime et placeront le bien être de leur pays et de leur peuple au top des priorités. Nous aimerions tous que l’Ukraine redevienne un pays florissant où les gens n’ont pas peur pour leur sécurité et celle de leurs proches », conclue la députée sur une note positive.

La Crimée et la ville de Sébastopol sont redevenues russes à l’issue d’un référendum tenu en mars 2014 dans le sillage de la crise politique en Ukraine consécutive au renversement du président Viktor Ianoukovitch. Lors du scrutin, dont les résultats ne sont pas reconnus par la communauté internationale, plus de 96 % des votants se sont prononcés en faveur du rattachement à la Russie.

fr.sputniknews.com

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