Syrie… Jeu des « zones tampons »: Assad gagne

Au mépris des accords passés avec la Russie, Ankara a mis très peu de temps à changer son fusil d’épaule

Washington a perdu en Syrie

Après la libération de Palmyre à Homs, l’armée syrienne va-t-elle arrêter de se battre? Bien sûr que non. Les forces syriennes se préparent à ouvrir de nouveaux fronts. 

Le début du mois de mars a été marqué par une nette victoire de l’armée syrienne à Palmyre où elle a réussi à vaincre Daech dont les éléments ont fini par tout abandonner et fuir la cité. Les forces syriennes sont sur le point de déminer les différentes localités sans arrêter leur avancée. Les opérations militaires s’étendent rapidement dans l’est de la Syrie, ce qui encourage Damas et ses alliés à aller de l’avant sur la « ligne » qu’ils qualifient de « ligne de victoire ». C’est un impératif, il faut que le périmètre de sécurité autour de Palmyre s’étende pour éviter tout retour de Daech. Selon certains analystes, l’armée syrienne devrait se diriger au cours des prochaines semaines vers l’est de la Syrie, à Deir ez-Zor, limitrophe des régions occidentales de l’Irak. Ce vaste déplacement demanderait évidemment de très larges moyens en termes logistiques et d’armements.

« Al-Sukhna » est une région au cœur des déserts qui entourent la ville de Palmyre. Cette région-là serait la prochaine cible de l’armée syrienne car il s’agit d’un bastion du groupe terroriste à Al Bâdia-al Chaam. Si Daech finit par s’effondrer à Al-Sukhna, l’armée syrienne pourrait se diriger vers Raqqa et Deir ez-Zor. Il va sans dire que Daech est sur le point de se restructurer pour relancer une nouvelle offensive contre Palmyre, ce qu’il faut éviter à tout prix. Le mettre au pas à Al-Sukhna et à Al-Badiya s’avère donc une nécessité car c’est par là que traversent les principales voies d’approvisionnement de Daech dans la banlieue de Hama, d’Alep, de Deir ez-Zor et de Raqqa.

À Deir ez-Zor, les habitants commencent à espérer l’arrivée de l’armée syrienne dans un proche à venir. Toujours est-il que la libération de Palmyre a fourni un nouvel atout à Damas qui négocie en ce moment avec l’opposition un accord. La Turquie d’Erdogan avait elle aussi une identique intention quand elle a envoyé son armée et ses mercenaires de l’ASL occuper la ville d’Al-Bab. Mais son plan a tourné au fiasco : au mépris des accords passés avec la Russie, Ankara a mis très peu de temps à changer son fusil d’épaule et à annoncer son intention de se diriger vers Manbij puis Raqqa, c’est-à-dire à renforcer sa présence militaire au cœur du territoire syrien.

Mais la reprise de Palmyre a basculé la donne : l’armée syrienne est entrée à Manbij et bouclé les forces turques et leurs mercenaires dans le sud d’Al-Bab. En d’autres termes, les tactiques intelligemment adoptées par l’armée syrienne ont déjoué le plan d’Ankara. Damas a empêché Ankara de se servir de Manbij comme un tremplin pour faire avancer ses projets. Cette ville est désormais encerclée de l’ouest, du sud et de l’est et a perdu de ce fait toute importance stratégique et militaire. À vrai dire, la Turquie a perdu à jamais d’être la partie qui « libérera Raqqa ». Car Palmyre constitue un triangle avec Raqqa et Deir ez-Zor et c’est la partie la plus importante de ce triangle.

Tous ces acquis réalisés par l’armée syrienne à Homs s’ajoutent aux avancées de cette même armée dans les régions stratégiques du sud. La cité historique de Palmyre est un maillon qui relie en réalité les régions occupées par Daech en Syrie et en Irak. Daech projetait en effet de maintenir Palmyre dans l’objectif de protéger les banlieues de Homs et de Deir ez-Zor. Dans ce cas de figure, la cité aurait pu servir d’arrière base pour lancer de vastes attaques contre le centre de la Syrie et d’autres régions non loin des frontières jordaniennes dans le sud et celles avec l’Irak dans l’est.

Sans Palmyre, Daech et ses alliés ne pourront rien faire face à une armée syrienne victorieuse qui marcherait sur Raqqa et Deir ez-Zor. Les forces syriennes pourront même étendre les combats au nord de la Syrie.

Ce qui précède nous renvoie au président américain et à sa politique syrienne. Ses agissements en Syrie ont été jusqu’ici entourés d’un halo d’incertitude. Certaines sources évoquent un choc subi en pleine figure par le président US quand il a entendu la nouvelle de la reprise de Palmyre par Damas et ses alliés. Ce choc pourrait aider le président débutant qu’est Trump de sortir de sa torpeur et de changer de vision au sujet de ce qu’il ne cesse de qualifier de « zones sécurisées » . Après tout, les zones sécurisées restent des zones qui reviennent dans le giron de l’État syrien : Alep en est une tout comme Palmyre. Ceci veut dire que Raqqa sera libérée non pas par l’armée turque ou par les Kurdes de Syrie mais par l’armée nationale syrienne. Les dés sont jetés : Damas et ses alliés ont déjà gagné la guerre. Plus vite Trump comprendra cette réalité, mieux cela vaudra…

presstv.com

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