Melania Trump : qui est la nouvelle First Lady ?

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 le style Jackie Kennedy

Par Nicolas Kirkitadze

Nous l’avons vue sur nos écrans écumer les différents États en compagnie de son époux : candidat à la primaire républicaine, puis à la présidence des États-Unis. Le 20 janvier, c’est encore elle qui tenait en ses mains gantées les deux Bibles sur lesquelles Donald J. Trump, devenu Président, jurait de servir fidèlement l’Amérique et les 324 millions d’âmes qui y vivent. Melania Trump devient ainsi la nouvelle First Lady. Mais qui est-elle et quel est son parcours ?

Melanija Knavs naît le 26 avril 1970 à Novo Mesto, petite ville du sud-est de la Slovénie, une des républiques qui composent alors la RFS de Yougoslavie dirigée d’une main de fer par le maréchal Tito.

Son père Viktor Knavs est garagiste. Sa mère, Amalija, travaille dans une usine de textile. Melanija (orthographe slovène de son prénom) grandit dans un modeste appartement de ces immeubles monolithiques qui caractérisent les pays du Bloc de l’Est, avant de déménager dans une maison à Sevnica durant son adolescence. Décrite comme une « élève brillante, surtout douée en langues et en dessin » par ses professeurs, elle aurait été « une fille belle mais discrète » selon une de ses amies d’enfance qui a témoigné sur BFM TV.

C’est à l’âge de seize ans qu’elle fait ses premiers pas dans la mode, participant à des concours de beauté et des séances photo. Repérée par le photographe Stane Jerko, elle en devient l’égérie et pose pour plusieurs magazines et apparaît même dans des publicités.

Elle entre en 1988 à l’université de Ljubljana (capitale slovène) où elle suit des études – vite interrompues – de design et d’architecture ; au moment où le Bloc de l’Est s’effondre et la vie se libéralise, l’appel de l’Ouest se fait de plus en plus pressant. Elle va donc en Italie, où elle signe un contrat avec une agence milanaise. Melania Knauss (elle a entretemps latinisé l’orthographe de son nom) débute véritablement sa carrière de mannequin internationale.

De retour en Slovénie (devenu un état indépendant) en 1992, elle y remporte le titre « Look of the Year » décerné par Jana Magazine (une prestigieuse revue de mode). Les quatre années qui suivent, Melania partage sa vie entre Ljubljana, Milan et Paris ; elle s’y fait vite connaître par les grands noms de la haute couture.

Âgée de vingt-six ans en 1996, elle décide d’aller tenter sa chance aux États-Unis pour donner un nouveau souffle à sa carrière. C’est à New-York (capitale de la mode étasunienne) qu’elle choisit de s’installer, dans le quartier de Manhattan. Et sa carrière décolle effectivement : elle multiplie les apparitions dans des revues aussi bien étasuniennes qu’européennes. On citera entre autres Vogue, Allure, Avenue, Vanity Fair et New York Magazine. Apparaissant également dans des galas, des réceptions, des dîners de bienfaisance et autres évènements mondains, elle s’intègre vite à ce milieu de paillettes où le paraître est roi.

C’est justement lors d’une de ces réceptions que Melania Knauss fait une rencontre qui changera sa vie…

Un soir de septembre 1998, elle participe à un gala de charité en marge de la Fashion Week. C’est alors que la Fortune lui fait croiser le chemin d’un magnat de l’immobilier, multimilliardaire et rêvant déjà de conquérir le monde : Donald J. Trump. Interviewée par Harper’s Bazaar, elle déclare avoir tout d’abord refusé les avances de l’homme d’affaires : « Il voulait mon numéro, mais il était avec une autre femme, donc bien sûr, je ne lui ai pas donné » clame-t-elle. Si elle est indifférente au milliardaire de cinquante-deux ans, ce dernier semble être sous le charme, comme en témoignent ses efforts pour obtenir le numéro de la jeune mannequin : il aurait appelé son agence et remué ciel et terre pour la revoir. Une telle attitude ravit Melania qui, assurée de n’être pas méconsidérée par cet homme à femmes, accepte finalement de le revoir.

Pour certains, cet épisode aurait été inventé par le couple Trump, soucieux de donner à Melania l’image d’une femme insoumise. Cette affirmation ne résiste pas au fait qu’en 1999 c’est bien Melania qui a décidé de mettre fin à leur relation. Le richissime milliardaire a même dû la supplier de revenir, selon Massimo Gargia, millionnaire et proche ami de Trump qui s’est confié aux journalistes de D8.

Une relation fusionnelle naît très vite : Trump divorce de sa deuxième épouse et se fiance à Melania après qu’elle ait obtenu sa green card en 2001. Il l’accompagne en Slovénie et, selon la tradition locale, demande sa main à ses parents. Melania Knauss devient officiellement Mme. Trump le 22 janvier 2005, lors d’un somptueux mariage organisé à Palm Beach, en Floride. Sa robe, dont le coût s’élève à 200.000$ aurait nécessité mille heures de travail pour le styliste John Galliano. Parmi les invités, toute la jet-set étasunienne : même Bill et Hillary Clinton étaient présents, ainsi que le célèbre pianiste Billy Joel qui a interprété son titre – au jeu de mot évocateur – The Lady is a tramp.

Le couple s’installe dans la célèbre Trump Tower, à Manhattan. Le 20 mars 2006, Melania Trump donne le jour à Barron William Trump, le plus jeune enfant du Président.

Durant les neuf années qui suivent, Melania Trump mène la vie d’une riche Américaine (elle obtient la nationalité en 2008). Elle met sa carrière de mannequin en suspens pour se consacrer à son fils : « il est à un âge où l’on a besoin de ses parents » affirme-t-elle, fière d’aller elle-même chercher ce dernier à la sortie de l’école. Mais, en femme moderne, elle veut concilier sa tâche de mère avec une carrière professionnelle : c’est ainsi qu’elle fait quelques apparitions dans The Apprentice (émission présentée par son mari) et qu’elle crée une marque de cosmétique et de joaillerie en 2010.

Donald Trump se déclare candidat en juin 2015, son épouse est alors plutôt distante. C’est en novembre qu’elle intervient la première fois à la télévision, les États-Uniens découvrent alors une femme timide qui roule les « r » et semble assez peu politisée, à la différence de Michelle Obama. Et elle ne s’en cache pas : quand on lui demande quelle genre de First Lady elle compte être : « très traditionnelle » répond-elle : « comme Betty Ford ou Jackie Kennedy« . En effet, elle ne compte pas faire des meetings ou s’occuper des affaires politiques, préférant se consacrer à des œuvres caritatives et philanthropiques.

Durant la campagne, la propension de Trump à fréquenter les femmes de l’Est fut critiquée par ses adversaires républicains Cruz et Rubio, issus de l’aile conservatrice du GOP ; certains n’hésitant pas à révéler que Mme. Trump a posé nue pour un magazine français au début des années 2000.

Si ces attaques ne surprennent guère quand elles viennent des Tea Party et autres ultraconservateurs, elles sont en revanche étonnantes venant des soutiens du Parti Démocrate, autoproclamés pourfendeurs du sexisme, qui, sur les réseaux sociaux, ont largement insisté sur le côté superficiel de la femme du candidat Trump, l’accusant tour à tour d’être une « femme facile », une « femme vénale », voire une « immigrée illégale »… bref une pimbêche qui n’aurait aucune conscience de son rôle de First Lady, et qui ne devrait même pas être aux Etats-Unis.

Cette opinion fut encore renforcée l’été dernier, lors de la Convention républicaine, lorsque le discours prononcé par Melania Trump s’est avéré largement copié sur celui qu’avait déclamé Michelle Obama en 2008. C’est à un « bad-buzz » qu’elle a alors eu affaire sur les réseaux sociaux. Sous l’euphémisme anglicisant « bad-buzz » se cache un synonyme de moquerie, d’injure, de calomnie, voire d’appel à la violence. Le silence criant des défenseurs de la cause féminine est également à noter.

Pour démentir ces rumeurs, le couple Trump a dû requérir les services d’un avocat qui a publié les documents officiels attestant de la légalité de l’entrée de Melania Trump sur le territoire étasunien. Ils ont même dû donner une interview. Elle y déclare notamment : « Je ne suis pas une femme soumise qui dit oui à tout, y compris à son mari. Je le soutiens totalement, sans pour cela être une yes woman« . A la question « Qui gagne en cas de dispute ? », le milliardaire répond : « c’est toujours elle » avec le sourire. Lors d’un entretien accordé à CNN au mois de février, Melania Trump confiait : « Je lui donne très souvent mon opinion, je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit mais c’est normal« . Et quand il y a désaccord, elle n’hésite pas à le dire : elle s’est entre autres publiquement désolidarisée des propos tenus par son mari sur les femmes, propos qu’elle a jugés « injurieux » et « pas acceptables » et d’ajouter : « ce n’est pas l’homme que je connais. »

Elle succède ainsi à la très populaire Michelle Obama – à laquelle elle a offert un cadeau lors de l’investiture, ce serait du chocolat selon les experts de BFM… – c’est effectivement le style Jackie Kennedy qu’elle a choisi d’arborer. Habillée par le créateur Ralph Lauren, elle portait notamment une robe bleu azur et une veste courte, type boléro.

C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour Melania Trump, qui – dans un premier temps – a décidé de rester à New-York avec son fils, en attendant la fin de l’année scolaire. Des montagnes slovènes à la Maison Blanche, elle a su trouver sa voie en faisant fi des obstacles et en vivant comme une femme libre. Pour celle qui se dit « inspirée » par Jackie Kennedy, formons le vœu qu’elle n’en connaisse point les drames.

mobile.agoravox.fr

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