Le rôle russe à Alep : pire revers du mandat Obama

Le rôle des Russes dans la chute d’Alep a un impact énorme sur la politique étrangère américaine

alep-33

alep-34La chute d’Alep entre les mains du régime Assad avec la reddition, jeudi 15 décembre, des forces rebelles syriennes enfermées dans un coin des quartiers Est constitue le revers militaire et stratégique le plus désastreux qui soit survenu à l’Administration Obama en deux ans. Cela a commencé en septembre 2015, quand la Russie a renforcé les moyens de son intervention militaire dans la guerre syrienne et à venir à la rescousse du « noyé » Assad.

Quand Alep a succombé face à l’armée du gouvernement soutenu par les Russes et ses alliés : l’Iran, le Hezbollah et les milices chiites fidèles au régime, la ville n’est pas tombée toute seule. Elle a fait s’écrouler l’architecture toute entière des positions soutenues par les Etats-Unis dans le Nord de la Syrie. Les Etats-Unis ont investi dans l’entraînement de groupes locaux, tels que les milices kurdes syriennes des YPG, mais aussi dans l’Armée Syrienne Libre (soutenue à bouts de bras par la Turquie), comme le fondement de sa politique et de ses intérêts dans le conflit. Ces groupes sont en train de fondre [NDLR : ce point est sujet à caution].

Les Seigneurs de la guerre reconnus dans le Nord Syrien, à ce jour, sont le Président russe Vladimir Poutine et le Président turc Recep Tayyip Erdogan, qui peuvent proclamer victoire en matière diplomatique, pour la sortie de crise, dans cette bataille. Bachar al Assad et l’Iran semblent relégués à jouer les seconds couteaux. Mais, tandis que le chef des Brigades Al Quds, le Général iranien Qassem Soleimani commande l’ensemble des forces iraniennes et supplétives chiites dnas la région, l’Amérique a été délestée de tous ses atouts militaires et n’a pas réellement son mot à dire dans le prochain chapitre de cette horrible guerre.

D’où l’appel désespéré du Secrétaire d’Etat John Kerry, jeudi, lors d’un point de presse, à mettre un terme au bain de sang et à la souffrance  : »Nous ne pouvons pas nous permettre un nouveau Srebrenica » – en faisant référence au massacre par les Serbes, de 8.000 Bosniaques de Serbie, en 1985- a t-il rappelé.

Kerry a travaillé sans relâche en vue d’une solution diplomatique à cette horrible guerre syrienne, mais ses appels ont perdu leur sens face aux très nombreux Srebrenica(s) commis par une multiplicité d’acteurs tout au long de ces cinq années de conflit. Des centaines de milliers de civils et de soldats ont été massacrés – selon une estimation non-officielle,il y aurait en fait déjà eu un bon million de morts- et de très nombreux encore victimes des gaz chimiques. Le Secrétaire d’Etat ne peut pas compter sur le fait que Kremlin  fléchisse et de fait, même après que les derniers rebelles syriens et leurs familles ont quitté Alep, le massacre va continuer.

A Washington, à 10.000 kms de là, les calamités d’Alep servent surtout d’instrument politique. On a entendu l’affirmation, jeudi, que « le même Vladimir Poutine » qui parraine les atrocités d’Alep, aurait aussi interféré dans le cadre des élections présidentielles américaines, en envoyant une armée de Hackers pour influencer les résultats en faveur de Donald Trump. L’argument est claironné par les porte-parole de l’Administration Obama et du Parti Démocrate, dont la championne Hillary Clinton a perdu les élections. Il apparaît forgé pour que le Parti Démocrate tente une mesure d’impeachment (empêchement) avant même que le Président élu ne soit adoubé Président le 20 janvier.

Le facteur Poutine est bien commode pour ces dernières manœuvres, dans toute une série de faux-semblants et passe-droits exercés depuis l’élection du 8 novembre, de façon à délégitimer la victoire de Trump en niant totalement toute aptitude chez lui à diriger et entrer à la Maison Blanche.

Cette campagne peut avoir de très fortes répercussions sur la future politique et la position de l’Amérique en tant que puissance mondiale, parce qu’elle est conçue pour bloquer la voie à Trump vers la négociation d’un accord en vue de résoudre le conflit syrien. L’administration Obama ne souhaite absolument pas voir le nouveau Président réussir là où elle a elle-même lamentablement échoué durant bientôt six ans.

Poutine n’aura aucun scrupule à capitaliser sur les préoccupations de Washington, axé sur ses luttes intestine pour le pouvoir (déjà acquis par les urnes) et tirera le maximum de profits qu’il le peut, en Syrie, avant que Donald Trump ne monte la première marche de la Maison Blanche. Les menaces d’Obama, ce vendredi 16 décembre, de lancer des représailles contre les efforts de la Russie pour influencer l’élection présidentielle ne vont juste que provoquer un peu plus le Président russe pour le pousser à agir encore plus vite et de façon plus déterminée pour s’emparer du maximum d’atouts à mettre dans son jeu en Syrie, avant que Trump n’entre en scène.

jforum.fr

Source DEBKAfile

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