Des militaires américains pourraient être poursuivis pour crime de guerre au Yémen

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Le député Ted Lieu, ancien avocat de l’armée de l’air, affirme que des membres des forces armées américaines pourraient être poursuivis pour avoir soutenu la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen.

Les membres des forces armées américaines pourraient être poursuivis pour crimes de guerre pour avoir fourni du ravitaillement et d’autres appuis militaires à la coalition saoudienne au Yémen, l’administration Obama en a été avertie.

Près de 4.000 civils yéménites ont été tués depuis que l’offensive saoudienne a débuté en mars 2015, après que le mouvement d’Ansarullah a saisi Sanaa.

Dans une lettre adressée au secrétaire d’État John Kerry et au secrétaire à la défense, Ashton Carter, le député américain Ted Lieu, ancien avocat de l’armée de l’air, a déclaré que l’administration insistait pour ne pas participer à la sélection ciblée pour les sorties de coalition – beaucoup ont frappée de nombreuses écoles, et des hôpitaux – il ne dispense pas les États-Unis de la responsabilité juridique.

Je trouve profondément choquant que les États-Unis n’aient apparemment aucune connaissance des cibles qui seront frappées par des avions de chasse qui sont ravitaillés en combustible par le personnel états-unien avec des navires-citernes états-uniens, a déclaré Ted Lieu dans sa lettre. Les États-Unis sembleraient violer les lois des conflits armés et des normes internationales (sous-entendu qu’il s’agirait de crimes de guerre, NdT) en s’engageant dans de telles opérations militaires directes si le personnel états-unien n’est pas au courant si les cibles sont civiles ou militaires, si la perte en vies humaines est disproportionnée, ou si l’opération est vraiment militairement nécessaire.

Lieu, qui a enseigné dans les lois de la guerre au cours de son service en tant que juge-avocat général de la force aérienne, a déclaré: «Le personnel américain peut-être soumis à une enquête et potentiellement poursuivi pour avoir commis des crimes de guerre. En vertu du droit international, une personne peut être reconnue coupable d’avoir aidé et encouragé des crimes de guerre».

Et il a dit que l’absence d’un tribunal ne justifiait pas le fait que les lois des conflits armés soient ignorées.

«C’est un jeu terriblement dangereux à jouer», a déclaré Lieu au Guardian. «Nous sommes sur le point de violer les lois de la guerre parce que personne ne va nous poursuivre». Il a dit qu’une future administration pourrait prendre un point de vue différent sur la participation des États-Unis au Yémen.

Un conseiller juridique du Comité international de la Croix-Rouge, Tristan Ferraro, a fait valoir que le ravitaillement représente l’un des éléments de soutien qui prouverait que la nation a en parti appuyé le conflit.

Lundi dernier, l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Samantha Power, a appelé à arrêter les attaques aériennes lancées par l’Arabie saoudite suite à une série de pertes civiles élevées. Les États-Unis ont annoncé qu’ils révisaient leur soutien militaire à la coalition, qu’ils avaient cessé de fournir des armes à sous-munitions, et qu’ils ont exhorté les forces saoudiennes à prendre de plus grandes précautions pour éviter les pertes civiles.

«La coopération américaine en matière de sécurité avec l’Arabie saoudite n’est pas un chèque en blanc. Même si nous aidons l’Arabie saoudite à défendre leur intégrité territoriale, nous avons et continuerons à exprimer nos préoccupations au sujet du conflit au Yémen et de la façon dont il a été mené», a déclaré un haut responsable de l’administration dans une déclaration envoyée par mail.

«Nous sommes conscients des inquiétudes du Congrès concernant le conflit au Yémen et nous restons gravement préoccupés par son lourd tribut, y compris les pertes civiles et les dommages causés aux infrastructures par le conflit», a déclaré un responsable du département d’État.

«Nous continuons à avoir des discussions de politique interne pour s’assurer que notre soutien limité à la coalition saoudienne est conforme à nos objectifs et à nos valeurs à propos de la politique étrangère».

L’agence Reuters a révélé que, depuis l’offensive saoudienne au Yémen, les avocats du département d’État se sont inquiétés des implications juridiques pour les États-Unis.

«Il est important pour l’administration de garder les Saoudiens en place pour s’assurer qu’ils n’ont pas fait encore plus de mal au Yémen car il y avait des craintes que si ça se passait vraiment mal, ça pourrait se retourner contre les Saoudiens», a déclaré Jeremy Shapiro, un ancien département d’État fonctionnaire et directeur de recherche au Conseil européen pour les relations étrangères. Une relation plus large avec les Saoudiens est très importante, et comparée aux autres choses que les saoudiens demandent, c’est l’une des plus faciles.

Shapiro a dit que l’argument sur la responsabilité juridique de Washington est largement académique car il est peu probable que ce soit un tribunal qui ait la justice sur les actions américaines dans la guerre contre le Yémen.

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yemen-17Un député étatsunien écrit à John Kerry : « Commettons nous des crimes de guerre au Yemen« 

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