Faut-il voter FN et Marine Le Pen ? par Guillaume Faye

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Voter FN et Marine Le Pen aux prochaines élections –présidentielle et législatives–  sera-t-il un vote utile, purement protestataire, ou sans aucun intérêt ? J’ai souvent critiqué le programme –officiel– socio-économique du FN, social–étatiste et passéiste, à mon avis faussement ”national” ou ”souverain”, dont les conséquences seraient contre–productives ; et regretté un certain recul de ce parti sur ses fondamentaux. Mais le désespoir comme l’idéalisme sont, en politique, inopérants. Le FN est très loin d’être parfait, mais serait-il moins imparfait que les autres ?

Le danger d’abimer l’ADN du Front national

Le FN, au moins, peut s’améliorer, parce qu’il est le seul à ne pas communier dans la vulgate idéologique dominante, alors qu’aucune autre formation politique n’est perfectible parce que toutes y adhèrent. Il bénéficie encore du plus grand capital de sympathie dans le peuple parce qu’il est perçu comme la seule chance de rupture crédible – jamais encore tentée. Ce capital, il ne doit pas le dilapider.

Car, pour l’instant, des millions de Français dépossédés, désespérés, votent pour le FN, plus pour ce qu’il représente (espoir ?), pour son image de marque identitaire que pour le discours de ses dirigeants actuels, qui ont semblé reculer sur ses principes. À cet égard, les propos de Marine Le Pen, doutant de la réalité du « grand remplacement » ethnique et démographique et refusant cette formulation, sont dommageables. Cette posture de repli idéologique est un déni de la simple réalité ; ces paroles sont, heureusement pour elle, passées plus ou moins inaperçues de son électorat. Coup de chance qui ne durera pas : elle ne doit pas récidiver. Sinon, elle verrait s’éroder rapidement son potentiel de partisans. Ces derniers pencheraient massivement pour l’abstention – le principal parti concurrent du FN– plutôt que pour le vote ”droite et centre”, hameçon politicien inconsistant.

L’atout du FN : l’incrédulité envers les politiciens de ”droite–et–du–centre”

En effet, c’est une chance pour le FN : une bonne proportion de Français voit bien que les candidats de la ”primaire de la droite et du centre” (pugilat d’égos et d’écuries qui fera des ravages dans le panier de crabes de LR) sont des chevaux de retour, politiciens baratineurs. Sans illusions, ils se doutent que si Juppé – surtout– ou Sarkozy – vraiment peu probable– sont portés à l’Élysée, rien ne changera par rapport à la politique catastrophique menée par la droite et la gauche depuis 40 ans. Fillon a peu de chances et Le Maire aucune, les autres candidats à la primaire, cyniques et sans illusions, ne cherchent que de futurs maroquins ministériels et des…€$€.

Et s’ils ont une majorité à l’Assemblée, ils ne prendront que des demi-mesures raplaplas, bien en deçà de leurs promesses de campagne ; ils feront ce qu’ils ont toujours fait au pouvoir : rien, ou plutôt si, appliquer un programme de gauche en demi-teinte. Qui a bu boira. Les raisons : crainte des grèves, des manifs, des musulmans, des émeutes, des banlieues, des problèmes en tout genre mais aussi des condamnations morales et des attaques au vitriol de la cléricature journalistique, gauchisée à 85% . Si Juppé est élu, il sera un Chirac bis. Si Sarkozy est élu (nettement moins de chances), il sera un Sarkozy bis. C’est-à-dire un beau parleur, un séducteur … impuissant au moment de passer à l’acte. Paroles, paroles…

Sarkozy serait–il un idiot utile pour le FN ?

D’ailleurs, le FN doit se féliciter de l’aveu gaffeur et dévastateur de Sarkozy. Il a avoué qu’il voterait Hollande en cas de duel au second tour de l’élection présidentielle entre ce dernier et Marine Le Pen, selon la consigne –crypto–communiste– du ”front républicain”. Non seulement, il évoque bêtement (sans avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, comme à son habitude, en go–go boy) la présence (impossible) de Hollande au second tour de la présidentielle, s’envisageant lui-même comme éliminé ; mais il affiche sa préférence idéologique, contredisant tous ses propos précédents ! Il continue de diaboliser une Marine Le Pen que de moins d’électeurs(trices) condidèrent comme infréquentable. Par là, il neutralise tous ses efforts démagogiques pour récupérer une partie de l’électorat FN. Et, cerise sur le gâteau, il incite au vote FN une partie de ses partisans déçus : en se tirant une telle balle dans le pied, Sarkozy augmente le potentiel électoral de Marine Le Pen. Il y a chez ce vibrion, une parenté avec Louis de Funès – c’est Poutine qui l’avait fait remarquer – il voulait dire avec les personnages d’excités joués par Louis de Funès. Donc, Marine Le Pen, du fait des faiblesses de ses adversaires de droite molle ou de gauche folle, peut–elle être élue en 2017 ?

L’hypothèse de Marine Le Pen à l’Élysée dès 2017

Une journaliste politique d’un grand média m’a expliqué sous promesse d’anonymat – jamais elle n’oserait l’écrire– que « Marine Le Pen ne sera pas élue ce coup-là, mais à la prochaine présidentielle en 2022 ». Car, selon les pronostics, en 2017, elle va se heurter au ”plafond de verre” du second tour (tout sauf le FN) : mais celui qui va être élu contre elle échouera et provoquera une déception dévastatrice ; et la situation ne pouvant qu’empirer en cinq ans, MLP apparaîtra comme l’ultime recours, la dernière chance en 2022. Pas avant. Bien.

Philippe Olivier, conseiller politique –et beau–frère– de Marine Le Pen, que j’ai interrogé, m’a exposé un tout autre raisonnement. Pour lui, « il est certes probable qu’Alain Juppé remporte la primaire de la droite et du centre et se retrouve ainsi au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen. On donne, dans ce cas de figure, Marine battue. Or ce n’est pas sûr, elle pourrait être élue à l’Élysée (!) ». Pourquoi ? lui demandai–je. « Parce que, d’ici l’élection présidentielle au printemps 2017, on risque d’assister à un effondrement, une ”balladurisation” d’Alain Juppé ». (Balladur, donné vainqueur, dans les sondages se présentant contre Chirac, s’était effondré parce ce que plombé par une image de mollesse tranquille – ”Ballamou”– et de notable prétentieux). Or Juppé peut effectivement devenir une sorte de clone de Balladur.

Surtout si la situation actuelle s’aggrave d’ici l’élection présidentielle (attentats islamiques, nouvelles émeutes ethniques, agressions contre des policiers préfigurant une guerre civile, ce qui est fort possible), Alain Juppé apparaîtra comme une mauvaise solution, un pompier sans eau ; et Marine Le Pen comme le pari à jouer pour rétablir la situation. Dont acte.

Dans cette hypothèse, si Marine Le Pen est élue à l’Élysée, aura-elle une majorité à l’Assemblée ? Faute de quoi, son élection ne servira rigoureusement à rien. Mon interlocuteur précité me répond : « oui, il se produira un bouleversement et Marine, élue présidente, provoquera, par effet de choc et de recomposition, le surgissement d’une majorité législative nouvelle  ». Il parie, en somme, sur un effet révolutionnaire de basculement, comparable à ce qu’a déjà connu la France, au peuple versatile, plusieurs fois dans sa longue histoire.

Cette analyse repose sur plusieurs hypothèses : 1) l’aggravation de la situation de guerre civile ethnique naissante, (stratégie de la tension, avec émeutes, criminalité et attentats) augmentée de l’invasion migratoire qui ne peut que s’amplifier ; 2) la faiblesse décevante des réponses du candidat de ”la droite et du centre” (probablement Juppé) opposé à MLP. Mais il faudrait également que le discours de Marine Le Pen se renforce à mesure que celui de Juppé, un centriste mou, comme Bayrou, son nouvel allié –catastrophique, tant mieux – s’affadira. 3) Il faudrait aussi un éclatement des Républicains au moment des législatives, ce qui est possible du fait des haines recuites durant leur primaire. Avec un ralliement d’une partie de leurs cadres et de leur électorat au Front national, ce dernier peut espérer une majorité (très courte) à l’Assemblée nationale.

Bonne nouvelle, on a remarqué dans certains discours de Marine Le Pen et d’autres responsables, dont Louis Alliot, un certain retour sur les fondamentaux, une évolution positive. Espérons que ça durera. Il faudrait cependant aller plus loin.

Le FN doit défendre l’identité et la souveraineté, mais l’identité d’abord

Il faut comprendre que l’identité est plus importante dans l’esprit des Français que la souveraineté, notion plus abstraite. Certes, la souveraineté nationale de la France est fondamentale, mais diaboliser la technocratie bruxelloise, comme la fait sans cesse MLP, (et Dieu sait si l’on peut dénoncer ce monstre antidémocratique !) devient un argument trop répétitif ; comme pour éviter de parler d’autre chose. Car l’électeur de base perçoit que les maux qui accablent son pays ne viennent pas seulement de Bruxelles mais aussi et surtout des gouvernements français successifs, qui s’affaissent ou trahissent. Abandonner l’euro, hypothèse mal vendue et très délicate, est une urgence moindre que protéger les frontières des masses migratoires invasives et de l’islamisation intérieure, non ?

Deuxième point, le FN, dans sa communication, devrait insister, de manière beaucoup plus forte et claire qu’aujourd’hui, sur des engagements centraux, concernant : l’arrêt total de tous les flux migratoire, l’expulsion réelle de tous les clandestins, la limitation drastique du droit d’asile, l’abandon du droit du sol, l’abrogation du regroupement familial, l’arrêt de toutes les aides sociales aux étrangers (désamorcer la pompe aspirante), la désislamisation de la France, et, plus généralement, la volonté d’entamer un mouvement de reflux, de ”rémigration”. Car la source du problème est principalement démographique et ethnique, beaucoup plus que sociale ou religieuse. Il ne faut pas traiter les symptômes du mal mais en éradiquer les causes.

Le FN doit s’engager sur un programme de rupture global

Mais, Le FN, pour gagner, doit aussi insister sur des sujets qui pèsent dans l’esprit de la ”France d’en bas” et des classes moyennes : rétablir la politique familiale cassée par la gauche, cesser le matraquage fiscal, restaurer l’école sélective, disciplinaire et patriote, en finir avec le laxisme judiciaire et pénal, abolir les privilèges des fonctions publiques pachydermiques et des salariés apparentés, rompre avec un système socio-économique surtaxé, etc. La liste est longue. En réalité, il faut commencer par abolir pratiquement 100% des mesures et lois décidées par la gauche depuis 2012 et 70 % de celles prises par la droite depuis 2007.

S’il veut séduire et l’emporter, le FN de Marine Le Pen devrait présenter un programme révolutionnaire (de ”rupture”, pour parler soft) complet, cohérent, praticable et crédible. Et doté d’une bonne communication, ce qui est loin d’être le cas… En restant très prudent sur une sortie de l’euro (pente verglacée) ; mais – nous sommes d’accord– en promettant de désobéir franchement à la Commission de Bruxelles et à la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg, institutions oligarchiques sans légitimité démocratique. Et en mettant la pédale douce sur des promesses socialistes, démagogiques, électoralement inefficaces et surtout nuisibles à l’économie.

Le FN, solution de la dernière chance, avant le plan B ?

Marine Le Pen à l’Élysée avec une majorité à l’Assemblée serait-elle une dernière solution de l’État de droit contre le chaos, la guerre civile et l’effondrement qui s’annoncent ? Le FN au pouvoir, lui qui a été accusé, de manière absurde par les crypto–communistes, de ne pas être ”républicain”, serait peut-être la dernière chance de la république.

Cette dernière chance pour notre pays, au bord d’une catastrophe jamais vécue dans son passé, qui menace son identité ancestrale, ébranle son germen, est peut être défendue par le Front national et Marine Le Pen, dont la responsabilité historique est considérable. Aucune autre formation politique ne peut avoir le courage (ni même l’idéologie) de réagir contre l’immigration invasive, l’islamisation agressive, la destruction de notre personnalité nationale, le renoncement à protéger nos frontières, l’abandon de notre souveraineté aux eurocrates et à Washington, le sabordage de notre école, la déconstruction de notre culture et de notre mémoire, la fin de notre sécurité dans l’espace public, la déliquescence de notre justice, et la liste interminable des maux qui, dans tous les domaines rongent la France – plus encore que nos voisins européens. Ces purulences proviennent des gouvernements impuissants ou pervers qui se sont succédés, de droite ou de gauche (maigres différences), depuis l’avènement de Giscard, après la mort de Georges Pompidou, notre dernier homme d’État.

Bien sûr, le programme du Front national est critiquable dans plusieurs domaines. Mais, faute de grives, on mange des merles. Le FN pourrait donc être l’ultime recours. Avant le plan B. Non seulement le FN n’est pas un danger pour la république, mais il pourrait être son ultime rempart. C’est la raison pour laquelle, il faut se résoudre à voter Marine Le Pen (présidentielle) et FN (législative). Si l’hypothèse FN échoue, ce qui est possible, il n’y aura pas de recours ”républicain” ni même de solution ”démocratique” ; la solution viendra d’ailleurs. Et elle sera terrible. Car le peuple de France sera en situation d’autodéfense et sera tenté par le plan B.

par Guillaume Faye

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