Minsk : Les bombardements de l’armée ukrainienne sont quotidiens dans le Donbass

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Qui se soucie de la paix dans le Donbass ?

Accords de Minsk, G4 de Normandie… pourquoi la guerre continue-t-elle en Ukraine ?

Le journaliste de Kommersant Sergueï Strokan explique ce qui empêche la réalisation des accords de Minsk.

Lors de leur rencontre à Berlin, le 19 octobre dernier, Vladimir Poutine, Petro Porochenko, François Hollande et Angela Merkel sont parvenus à établir « une feuille de route » de l’exécution des accords de Minsk – ce que l’on peut considérer comme le seul résultat tangible de ces négociations.

Le processus de Minsk serait donc bien vivant ? Oui et non. Premièrement, cette « feuille de route » n’existe pas encore. Deuxièmement, même si c’était le cas, ce document pourrait difficilement contribuer de façon décisive au règlement de la crise ukrainienne qui patine. Comment ne pas se souvenir, ici, d’un autre « G4 », il y a quinze ans – celui des « Quatre du Proche-Orient », qui avaient rédigé une « feuille de route » pour le règlement du conflit israélo-palestinien. Où est passé ce « G4 » aujourd’hui, et qui s’en souvient ? Le conflit israélo-palestinien, lui, est bien là, il fait sans cesse de nouvelles victimes, et, manifestement, il en fera encore longtemps.

En substance, deux difficultés principales font obstacle à l’exécution des 13 malheureux points des accords de Minsk. La première est une guerre d’interprétation, qui permet à chacun des camps de mettre en avant la partie des accords qui est largement dans son intérêt propre, tout en ignorant l’autre partie, en tentant de la repousser au plus loin sur la table des négociations.

Le deuxième problème, ce sont les tentatives de chacune des parties d’utiliser les accords de Minsk à des fins qui ne sont pas leur destination première. Pour l’Ukraine, c’est tout juste si le premier objectif du processus de Minsk ne consiste pas à empêcher le plus longtemps possible Moscou de se débarrasser du boulet des sanctions occidentales. Pour la Russie, le processus de Minsk est un instrument de pression internationale sur un gouvernement autrefois frère et qui lui est aujourd’hui hostile, une possibilité de prouver au monde l’inconsistance du pouvoir de Kiev.

Pour l’Occident, enfin, qui présume de la culpabilité de Moscou dans la crise ukrainienne, les accords de Minsk sont une possibilité de se persuader qu’il possède tout de même un « pouvoir sur Poutine ». Ce n’est pas par hasard que l’Ouest fait dépendre directement la normalisation de ses rapports avec Moscou de l’exécution de l’ensemble des 13 points des accords.

Mais si ces accords continuent d’être utilisés par tous les participants exclusivement comme un instrument de réalisation d’objectifs personnels, une interrogation surgit : et qui se soucie de la paix dans le Donbass ? Il y a bien un « G4 de Normandie », mais pas quatre dirigeants unis par une pensée et une volonté. Les points des accords sont là, mais aucun des chefs d’État n’a réellement intérêt à les respecter. Et c’est en cela – et pas dans le texte des accords – que réside le principal problème.

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24 oct 2016 – Les bombardements de l’armée ukrainienne sont quotidiens dans le Donbass

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