Syrie.. Les États-Unis et la Russie au bord de l’épreuve de force

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Il existe le même sentiment, à Washington et à Moscou, qu’une épreuve de forces entre les Etats-Unis et la Russie devient inévitable – mais qu’elle sera, cette fois, directe et ne passera pas par des supplétifs, comme lorsque les avions F-16 de la Turquie a abattu un SU-24 russe l’an dernier. Quand les grandes puissances sont en confrontation directe, les joueurs moins importants se rangent sur le côté et courent se mettre à l’abri.

Quand le Président Obama a assisté aux funérailles à Jérusalem, le vendredi 30 septembre, du dirigeant israélien Shimon Peres, il doit avoir pris conscience qu’il n’est à guère plus de 514 kms à vol d’oiseau d’Alep, au point de croisement qui fait rage dans l’escalade du conflit entre grandes puissances.

Au moment même où la cérémonie s’est achevée, le Président et sa délégation, dont le Secrétaire d’Etat John Kerry et sa conseillère à la Sécurité, Susan Rice se sont précipités en hâte pour revenir à Washington afin de piloter cette crise. La première mesure vers une épreuve de force directe a été prise par les Etats-Unis.

Jusqu’à présent, ce n’est pas un secret pour Moscou ou même pour n’importe quelle capitale du Moyen-Orient, que la frappe aérienne américaine de l’A-10, le 17 septembre contre une position de l’armée syrienne à Jebel Tudar dans la région de Deir Ez Zor, à l’est de la Syrie, était intentionnelle, et non accidentelle, comme on l’a d’abord prétendu. Un nombre important de soldats syriens (sans doute 90 et au-delà) a trouvé la mort au cours de cette attaque.

Le fait que le Président Obama ait dû instruire une enquête secrète afin de découvrir quel maillon de la chaîne de décision et de commandement américaine a ordonné cette attaque souligne ses soupçons qu’une pointure au Pentagone probablement, à la CIA ait pu ordonné cette frappes aérienne, dans le but de saboter l’accord de coopération militaire américano-russe, que le Secrétaire d’Etat John Kerry avait eu tant de mal à obtenir, après et labeur long et ardu.

Le Département américain de la Défense et sa communauté des renseignements militaire ont trouvé totalement inacceptables les concessions qu’il a faites au Ministre des Affaires étrangères Russe Lavrov au cours de ces négociations, en particulier son consentement à une partage approfondi des renseignements.

Les représailles russo-syriennes ont commencé deux jours plus tard. Le 19 septembre, un convoi d’aide d’urgence a été pulvérisé sur sa route vers la population désespérée d’Alep. Moscou et Damas ont démenti toute responsabilité pour ce bombardement meurtrier, mais aucune autre force aérienne n’était présente dans les cieux au-dessus de la ville assiégée à ce moment-là.

Sur le terrain, pendant ce temps, des assauts débridés contre l’Est d’Alep tenu par les rebelles ont été lancés, mercredi, par les Russes, la Syrie, le Hezbollah et les milices chiites pro-iraniennes sous le commandement des Gardiens de la Révolution.

La chute d’Alep, la deuxième ville  de Syrie après Damas, offrirait à Bachar Al Assad sa victoire la plus retentissante au cours de ces près six ans de guerre civile contre son régime.

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Me 29 septembre, Kerry a menacé Moscou que « les Etats-Unis suspendraient tous les plans de coordination des efforts anti-terroristes contre l’Etat- Islamique si Moscou de cesse pas d’attaquer Alep ».

Le Vice-Ministre des Affaires étrangères,  Sergey Ryabkov a répliqué en ricanant : « Une fois encore, il y a eu un certain choc émotionnel hier, face à l’absence de volonté de l’Administration Obama de remplir sa part des engagements ».

C’était une franche allusion au fait qu’on sait au kremlin que quelqu’un au sein de l’Administration américaine résiste à l’instauration d’un accord de complète coopération et est, par conséquent responsable de sa rupture.

Il ne reste aux Etats-Unis que deux options :

Soit rester les bras croisés face à l’offensive massacrante russo-syro-iranienne contre Alep, en grande partie, dominé par le Front Al Nusra rebaptisé,  soit suspendre les accords de coordination pour des opérations aériennes américano-russes en Syrie, avec le risque inévitable d’un affrontement dans l’espace aérien de Syrie ou même dans l’Est de la Méditerranée.

DEBKAfile

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